Stroïka, deux ans dans le rétro.

3 minutes pas plus.

Il y a deux ans, nous lancions Stroïka avec une seule mission en tête : lutter contre le bullshit sous toutes ses formes. On nous demande souvent si nous parvenons à nos fins, s’il est même possible de tenir cette ligne tant le monde de l’entreprise est le lieu des compromissions sémantiques. Réponse courte : it’s complicated.         

Entreprise et politique : it’s complicated.

Côté pile, tout le monde s’accorde à dire que les actions qui ne servent aucun objectif social ou environnemental sont peu ou prou dépourvues de valeur. Les entreprises qui ne voient pas plus loin que l’intérêt de leurs seuls actionnaires sont en passe d’être ringardisées. Aussi, parler pour ne rien dire, cela finit par se voir. De fait, nous rencontrons de plus en plus de dirigeants d’entreprises de toutes tailles qui sont prêts à prendre le risque de dire quelque chose. En règle générale, cela paie. 

Côté face, dès que la conjoncture vacille, ce sont les vieilles peurs, les vieux réflexes, qui remontent à la surface et alors, rideau. Dire et ne rien faire, ou si peu, c’est s’exposer à des retours de bâton parfois douloureux. On entend beaucoup parler de l’avènement de « l’entreprise politique ». Chez Stroïka, nous n’aimons pas trop ce terme, parce que nous nous méfions naturellement des grands concepts appelés à disparaître aussi vite qu’ils sont apparus. 

Mais, au fil des rencontres et des projets menés, nous avons forgé la conviction suivante : une nouvelle génération d’entrepreneurs est en train de s’affirmer. Cette génération n’hésite pas à sauter par-dessus les murs de l’entreprise pour faire triompher leurs idéaux. Ils et elles s’appellent Eva Sadoun, Thomas Huriez ou encore Nicolas Bard. Leur point commun ? Une ambition de transformation de la société, une capacité à penser et exécuter en système, une démarche authentique. 

Chez Stroïka, nous admirons et célébrons leur vision de l’entreprise comme étant un système au service de la transformation du territoire, des institutions financières ou de tout autre domaine qu’on aime à penser comme relevant du politique.

Voilà notre mission pour les années à venir : développer cet écosystème et en accroître l’influence dans le monde économique. Car la bataille culturelle, pour avoir une chance d’être gagnée, doit être menée sur tous les fronts. Nous la menons sur le front économique, en travaillant avec toutes les entreprises et leurs dirigeant•e•s qui ont quelque chose à raconter et qui l’envie de s’engager pour de vrai. Nous la menons aussi sur le terrain des idées — que nous mettons en mots notamment avec Technopouvoir ou Startup Nation Overdose Bullshit. Et elle prend forme via la création de plateformes politiques comme indépendants.co.

Le discours c’est de la stratégie, la stratégie c’est du discours.

Aujourd’hui, nous savons les chemins qu’il faut prendre et ceux qu’il faut éviter. Nous amenons nos clients à prendre le risque d’exprimer ce qu’ils ont déjà en eux avec justesse et courage. Cette entreprise les aide à préciser leur utilité, à mieux engager leurs collaborateurs, à se percevoir — un peu — différemment.

Pour tenir cette ligne de crête, il n’y a pas une mais plusieurs recettes.

Parfois c’est une tribune, parfois c’est un livre, d’autres fois, des médias papier ou numérique, ou mêmes des dispositifs originaux qui mobilisent par-delà les murs de l’entreprise.

Et parfois, c’est toute la stratégie qu’il faut remettre à plat.

Dès la naissance de l’agence, nous avons cherché à nous entourer des meilleur•e•s. Notre développement est donc intimement lié aux personnalités et aux expertises qui gravitent autour de nos différents projets. Nous serons 9 personnes à temps plein à la rentrée, stratèges, plumes et chefs de projet auxquels s’ajoutent nos principaux partenaires.

Aucune de ces recettes n’est magique. Nous sommes des conseillers, pas des courtisans. Il nous arrive de dire non : sans être dogmatiques, nous ne renions pas nos convictions.

Alors qu’est-ce que nous allons faire ?

Convaincus que les dirigeants qui osent étendre la notion d’action par delà son sens financier ont un pouvoir de transformation supplémentaire, nous nous focalisons sur elles et eux pour les aider à aller plus loin – quelle que soit la taille de leur entreprise.

Pour tenter d’infléchir le cours des choses, nous nous devons de continuer à explorer de nouveaux territoires de mobilisations. Nous accompagnerons et incuberons de nouvelles communautés porteuses de revendications. 

Enfin, dernière corde à l’arc du propagandiste : l’édition. Nous nous apprêtons à publier deux ouvrages dans l’année à venir et nous sommes encore à la recherche du troisième. Si un manuscrit dort dans vos tiroirs, n’hésitez pas à venir toquer à notre porte.
 

Antonin Léonard

Nos dernières publications.

L’Illusion performative.

13 minutes, pas plus.

« La parole politique est par définition performative. » C’est ce qu’affirme à qui veut l’entendre, paraît-il, l’ancienne porte-parole du gouvernement, Sibeth Ndiaye. Il semble que cette conviction soit par ailleurs très répandue au sein de la classe politique, en France et de par le monde. Il y a de quoi s’inquiéter. Car si la politique recèle bien, dans une certaine mesure, le pouvoir d’influer sur le réel, la parole qui lui est attachée n’est pas pour autant performative de manière systématique et spontanée.

Inaugurer les chrysanthèmes.

17 minutes, pas plus.

Les paupières de Kawtar sont à peine entrouvertes, une fente d’un millimètre lui suffit pour déterminer qu’elle est couchée sur son lit, presque nue, baignant dans la faible lueur d’un jour terne qui s’infiltre dans la chambre confinée à travers les interstices des jalousies sourdes. Une vibration lui parvient de loin, se superposant au bourdonnement qui lui torpille le crâne, c’est son téléphone, geôlier de verre et de plastique, tyran intraitable, elle a dû l’abandonner dans un coin de la pièce, peu importe, de toute façon elle n’a pas les forces de se lever, pour le moment du moins, elle restera allongée pour quelques minutes encore, à se rappeler d’hier soir.

Sois positif et tais-toi.

Débiter du positif,
c’est presque ne rien dire.
8 minutes, pas plus.

Soyons positifs. Cette injonction, je l’entends presque quotidiennement. Il faut être positif. Constructif. Optimiste. Inspirant. Elle provoque chez moi une irrépressible envie de visiter l’antenne de la SPA la plus proche afin d’y éviscérer une portée de chatons. L’injonction à la positivité est partout.

Remettre l’économie à sa place.

65 minutes, pas plus.

Futur Antérieur, l’émission radiophonique made in Stroïka, est de retour. Le concept est toujours aussi simple : faire dialoguer l’histoire avec le monde contemporain,
pour tâcher d’y repérer, d’un côté, les échos du passé et de l’autre, les idées neuves. Pour ce deuxième épisode, nous recevons l’essayiste et journaliste économique Guillaume Duval et l’historien médiéviste Sylvain Piron. Avec une question lancinante en tête : faut-il remettre la
« science » économique à sa place ?