Podcast #2: Putting the economy back in its place. [FR]

65 minutes, not one more.

Futur Antérieur, l’émission radiophonique made in Stroïka, est de retour. Le concept est toujours aussi simple : faire dialoguer l’histoire avec le monde contemporain, pour tâcher d’y repérer, d’un côté, les échos du passé et de l’autre, les idées neuves. Pour ce deuxième épisode, nous recevons l’essayiste et journaliste économique Guillaume Duval et l’historien médiéviste Sylvain Piron. Avec une question lancinante en tête : faut-il remettre la « science » économique à sa place ?

Les économistes ont jusqu’alors, dans leur écrasante majorité, fait preuve d’une remarquable incapacité à correctement anticiper les crises qui agitent régulièrement l’économie mondiale. Cela ne semble pourtant devoir en rien entamer la foi absolue de certains membres de la profession en la scientificité de leur discipline. Ainsi, Pierre Cahuc et André Zylberberg ont-ils pu écrire, dans leur ouvrage polémique Le Négationnisme Économique, la chose suivante : 

« Depuis plus de trois décennies, l’économie est devenue une science expérimentale dans le sens plein du terme comme la physique, la biologie, la médecine ou la climatologie »

Traduction : l’économie aurait quitté le champ des sciences humaines pour rejoindre celui des sciences « dures ».

Les économistes qui tiennent aujourd’hui le haut du pavé – ceux qu’on appelle les orthodoxes – semblent en effet croire dur comme fer en leur capacité à mettre les phénomènes sociaux en équations. Et tous ceux qui leur contestent ce pouvoir seront frappés du sceau infamant de l’idéologie. 

« De façon générale, dans le monde entier, les vrais ultra-libéraux, ce sont plutôt les hauts fonctionnaires, qui ne jurent que par le marché mais qui ne le connaissent pas bien et savent pas comment il marche parce qu’ils n’y ont jamais vraiment mis les pieds. »
— Guillaume Duval

Faut-il prendre cette affirmation au sérieux, ou faut-il au contraire y voir la résurgence d’une forme naïve de scientisme qu’on pensait disparue depuis plus d’un siècle ?

Et malgré tous ses raffinements algébriques de surface, et ses velléités de faire tenir le monde social en laboratoire, l’économie n’est-elle pas malgré tout construite sur les soubassements d’une certaine vision de l’Homme, peut-être pas si neutre que ça ?

Cette question pourrait n’intéresser que les férus d’épistémologie, si l’économie se cantonnait à un strict rôle de science descriptive. Il n’en est rien : les économistes ont de l’influence. Et pas qu’un peu. Ils quittent régulièrement l’enceinte de l’Université pour frayer avec les secteur privé, et plus particulièrement avec les institutions financières. Dans le monde entier, les conclusions de leurs travaux tiennent lieu de catéchisme à nombre de dirigeants politiques et de hauts fonctionnaires, au point d’entamer sérieusement le périmètre du choix démocratique.

« L’économie est l’équivalent dans les disciplines contemporaines de ce qu’était la théologie dans l’université médiévale : la discipline reine. Il y a les théologiens – les économistes – et en-dessous, il y a le clergé. Le haut clergé, ce sont les hauts fonctionnaires. »
— Sylvain Piron

Bref : l’économie est devenue une discipline normative, qui ne se contente pas de décrire le monde mais s’efforce d’en produire un qui corresponde à ses cadres de pensée.

Alors, science dure ou religion dévoyée ? L’économie est-elle devenue trop puissante, dans l’ordre de la connaissance d’un côté, dans l’ordre politique de l’autre ? Et comment la remettre à sa place ?

Les invités

Sylvain Piron est historien médiéviste et directeur d’études à l’Ecole des Hautes Etudes en Sciences Sociales. Dans son ouvrage L’Occupation du Monde (Zones Sensibles, 2018), il expose les racines médiévales de la pensée économique contemporaine.

Guillaume Duval est éditorialiste au magazine Alternatives Economiques. Il est l’auteur de plusieurs ouvrages au sein desquels il critique le courant dominant en économie, comme Le libéralisme n’a pas d’avenir : Big business, marchés et démocratie (La Découverte, 2003) ou encore Made in Germany. Le modèle allemand au-delà des mythes (Seuil, 2013).

Our last media.

Think positive and keep your mouth shut. [FR]

11 minutes, not one more.

“Let’s be more positive”. I hear this refrain almost every day. We should be more positive. More constructive. More optimistic. More inspiring. But all it does is fill me with the urge to visit the nearest animal shelter and eviscerate a whole litter of kittens.

Podcast #3: Living in the age of total propaganda. [FR]

66 minutes, not one more.

Here comes the 3rd installment of Futur Antérieur, Stroïka’s very own podcast. Our formula is strikingly simple: an historian faces a more contemporary guest on the set. In this episode, David Colon, a researcher at Sciences Po, debates with journalist and philosopher Clara-Doïna Schmelck. So, does propaganda have a bright future ahead of it?

Against Facebook, propaganda. [FR]

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Something isn’t right. The techniques of classical rhetoric are falling out of fashion. In their place, new forms of algorithmic propaganda are imposing themselves at an alarming speed. Is it time to join the resistance?

Podcast #1: The Future has run its course. [FR]

53 minutes, not one more.

Futur antérieur is the very first radio show produced by Stroika. Is the future still as futuristic as it once was? Are you a bit lost? So are we. To see things more clearly, we would like to organize a monthly debate between an historian and a modern thinker. For this inaugural episode, we are joined by historiographer François Hartog and futurologist Daniel Kaplan. Past, present and future: a three-beat waltz with a necessary touch of chaos?